| | | | Sanctuaire
du Très-Saint-Sacrement |
|
| Une
église sur la rue Mont-Royal |
La présence de l'église de Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement,
en plein cur de l'avenue du Mont-Royal, parmi le brouhaha et l'achalandage
des commerces, est un fait assez inusité. Au moment venu de leur construction,
les églises préféraient en effet, le plus souvent s'installer
sur des rues plus "prestigieuses" ou plus calmes ; comme le boulevard
Saint-Joseph par exemple. 
Cette église de la rue Mont-Royal, à la fin du dix-neuvième
siècle, prend pourtant sa place avec assurance, bien intégrée
au tissu urbain de son quartier, au milieu de ses fidèles et sans éprouver
le moindre besoin d'impressionner en faisant étalage d'un grand terrain
avec des dégagements majestueux. Pour les religieux du Saint-Sacrement,
on le verra plus tard, l'importance réside surtout à l'intérieur
de la chapelle, dans sa mission et non dans son décor extérieur. À
leur arrivée d'Europe en 1890, les religieux du Très-Saint-Sacrement
s'installèrent immédiatement rue Mont-Royal ; dans une maison qu'ils
venaient tout juste d'acheter ; la maison Barré. Cette demeure sera leur
point d'attache autour duquel, au fil du temps, ils bâtiront leur monastère,
leur chapelle et plus tard leur église. La photo montre la maison Barré,
où les Pères s'installèrent à leur arrivée
à Montréal en 1890 et où ils fondèrent leur sanctuaire
d'Adoration. | |
Photo : Archives des Pères du Très-Saint-Sacrement
| | J'aime
beaucoup cette église même si je ne la fréquente plus beaucoup.
J'y suis malgré tout très attaché ; elle fait partie de ma
vie et de ma vie de quartier. Elle occupe aussi une place très importante
dans mon enfance et dans ma vie personnelle. La vie de toute ma famille est aussi
intimement liée à celle de cette église. |
|
À partir de 1926, année où la paroisse
des "Pères" a été créée, la population
montréalaise vit encore à une époque où l'église
est au cur de la vie communautaire de tout le quartier et où elle
est encore toute puissante dans son autorité. Pour les plus vieux résidants,
il est difficile de ne pas se remémorer notre propre parcours personnel,
sans que celui-ci ne soit intimement lié à celui de l'église.
Mon grand-père faisait partie des "Congrégationnistes"
du sanctuaire du Saint-Sacrement, avant même la création de la paroisse
proprement dite; mes parents s'y sont mariés (moi également ; dans
la chapelle ayant front sur Mont-Royal) ; mon frère et moi y avons été
baptisés ; j'y ai fait ma première communion ; j'y ai enterré
mes grands-parents, mes parents, mes beaux-parents et une bonne partie de ma parenté.
C'est la vie ! | | Une
église pas comme les autres |
| La
singularité de ce sanctuaire tient surtout au fait que c'était le
tout premier lieu d'exposition et d'adoration perpétuelle du Très-Saint-Sacrement
en Amérique. Étant donné l'importance de la pratique religieuse
au Québec, à cette époque, cette particularité du
sanctuaire ne sera pas étrangère au succès immédiat
qu'il connut auprès des fidèles montréalais ; et à
l'obligation pour la communauté de rapidement songer à agrandir
et consolider cette uvre. Bien sûr, il est inutile de mentionner l'extrême
fierté des résidants de la paroisse à l'égard de leur
sanctuaire. Aujourd'hui ; nous dirions, qu'il s'agirait d'un véritable
"success story", à l'égard de cette approche pastorale. |
Les annales de la congrégation nous racontent qu'à
cette occasion, les travailleurs des carrières de pierre du Côteau-Saint-Louis,
offrirent le fruit de leur labeur et apportèrent les pierres nécessaires
à la construction de l'église en organisant une procession solennelle
de fardiers remplis de pierres, provenant probablement de la carrière de
l'actuel parc Laurier, dans les rues du quartier. Au départ de l'hôtel
de ville (Laurier et Saint-Laurent), la
"parade" emprunta grosso modo le boulevard Saint-Joseph, la rue
Saint-Laurent, la rue Sherbrooke et remonta Saint-Denis jusqu'à la maison
des Pères, rue Mont-Royal. La communauté offrira aussi les pierres
en "commandite", à des prix variant entre 13 sous et 10$, afin
d'aider à défrayer les coûts de la construction. La photo
qui date de 1894 montre la chapelle avant l'adjonction du noviciat ; du côté
ouest | | Photo
: Archives des Pères du Très-Saint-Sacrement |
| Dès
mai 1892, on procède à la bénédiction de la première
pierre ; avec 5000 personnes sur la rue Mont-Royal, qui entourent les fondations
de l'église. Cette pierre est offerte par le Saint-Père, Léon
XIII lui-même et elle provient du cimetière de Saint Calixte de Rome.
En décembre 1892, la crypte sera consacrée au culte. Deux ans plus
tard, en décembre 1894, c'est la chapelle supérieure qui sera finalement
inaugurée. |
 On
voit ici le sanctuaire à peine quelques années après sa construction
; on peut également voir la maison Barré (à l'extrême
gauche sur la photo ; elle sera démolie en 1907), lieu d'accueil à
l'arrivée des Pères du Très Saint-Sacrement. Le sanctuaire
a été réalisé à partir des plans des architectes
Resther, père et fils. Le noviciat occupe l'aile ouest. À partir
de mars 1897, avec la création du noviciat, il devint alors possible d'assurer
l'adoration, diurne et nocturne, du Saint-Sacrement ; celle-ci se poursuivant
sans interruption dès lors (à l'exception des liturgies des Vendredis
Saint). | | Photo
: tirée du volume "Le Diocèse de Montréal à la
fin du dix-neuvième siècle" | | La
procession de la Fête-dieu |
 C'est
cette même année, qu'eut lieu la première procession de la
Fête-Dieu. Dans les premières années, cette procession a lieu
sur les terrains même de la communauté. Après quelques temps,
les Pères obtinrent la permission de circuler dans les rues des paroisses
Saint Jean-Baptiste et Saint-Denis. Cette procession prend alors une envergure
très importante ; avec la présentation de l'ostensoir, promené
sous un dais très élaboré et par la longue suite de paroissiens
avec des cierges (on parle de 4000 personnes) qui le suivent. J'y ai déjà
participé au début des années soixante en portant une banderole
à caractère religieux. J'étais très impressionné.
Les maisons tout au long du parcours étaient décorées
avec les drapeaux papals et ceux du Sacré-cur ; plusieurs galeries
étaient enrubannées de papier "crépon" jaune et
blanc, couleurs de la papauté. Un reposoir, le long du parcours servait
de point de pause en permettant une brève célébration. |
|
"Reposoir" installé sur le
parcours de la procession ; début des années vingt. Il s'agit de
notre maison de la rue Christophe-Colomb, où mon grand-père, congrégationaliste
du Saint-Sacrement, avait réalisé cette installation. Un office
avait lieu à l'arrêt du cortège. L'ensemble est illuminé
à l'électricité ; ce qui devait faire bel effet en soirée. |
|
Les Pères étaient très fiers de leur
sanctuaire et ne négligeaient aucun effort pour l'embellir constamment.
Après l'installation relativement simple du chur, offerte par la
mise en place conçue par l'architecte Resther, les Pères commandèrent
un nouveau décor pour le sanctuaire. En 1915, l'église reçoit
son nouveau maître-autel, que l'on décrit : "
un nouveau
trône et autel d'exposition ; très joli travail en rigalico, tout
à l'honneur de la maison Daprato (Chicago)". Le terme rigalico semble
associé au travail du plâtre, s'adressant à des uvres
écclésiastiques et faisant jouer les faux fini de marbre et autres
pierres nobles ; personnellement, je ne connais pas cette technique. Toutefois,
le site internet mis en place par les Fraternités Monastiques (voir adresse
plus bas) indique : "maître-autel de la maison Daprato Rigali Studios
de Chicago". On refit également le décor intérieur,
uvre de Toussaint-Xénophon Renaud et plus particulièrement,
les peintures de la voûte et celles entourant le chur, qui sont l'uvre
du peintre montréalais bien connu, Georges Delfosse. |
| Un
trésor d'or et de vermeil |
|
Après quelques années dans ce magnifique décor,
les Pères, en pensant à leur ostensoir datant de leurs débuts
de 1894, jugèrent qu'il était temps d'offrir un logement encore
plus grandiose et digne de cette exposition permanente de l'Eucharistie. Ainsi,
en mai 1920, ils firent part aux fidèles de ce projet. Je cite ici l'édition
du Messager du Très-Saint-Sacrement décrivant l'histoire du sanctuaire
et publié en février 1941 ; Je cite cet extrait car je le trouve
relativement exceptionnel et très représentatif des murs du
temps (1920 / autant de la part des fidèles, que des religieux !). |
| |
" Tous les amis du Grand Pauvre de l'Hostie furent
invités à contribuer à la confection du futur bijou par l'offrande
de l'argent, de l'or et des pierres précieuses. L'appel fut entendu et
reçut une réponse magnifique, qui donna lieu à des sacrifices
profondément édifiants, parfois héroïques. Non
seulement les vieux trinquets et les vieilles gemmes oubliées depuis longtemps
dans les vieux tiroirs, mais des joyaux de grand prix, des souvenirs inappréciables
furent généreusement offerts ; témoin ce valeureux soldat
de la Grande Guerre, présentant sa croix de la Légion d'Honneur,
héroïquement gagnée au péril de sa vie ; témoin
encore cet étudiant de l'Université qui apporte au Maître
divin une magnifique médaille d'or, récompense de ses labeurs ;
et cette dame qui veut attacher à l'Ostensoir de Jésus, une étoile
de diamants, évaluée à plus de mille dollars, afin d'obtenir
une grâce plus précieuse que tous ses riches joyaux. Et l'Ostensoir,
ou plutôt les Ostensoirs furent confectionnés en France, car il en
eut deux, un grand, mesurant plus de six pieds de hauteur, et un petit qui s'insérait
dans le premier, tous deux uvres d'art remarquable. Le grand était
de vermeil, le petit d'or solide, tous deux littéralement couverts de ierres
précieuses, où domine le diamant ; une couronne de gros rubis encercle
l'Hostie ; sur le pied on peut admirer quatre jolis émaux de Limoges.
Il resta assez de métal précieux pour confectionner en plus un calice
d'or pur, vrai chef-d'uvre d'orfèvrerie, copieusement enrichi des
plus belles gemmes, ainsi qu'un ciboire, d'or pur lui aussi." | |
| |
"Cinquante ans derayonnement eucharistique
; les Pères du Très-Saint-Sacrement au Canada ; 1890-1940".
Messager du Très-Saint-Sacrement, février 1941 page 51 | |
|
Pouvez-vous imaginer pareille histoire ! Six ans plus
tard, le sanctuaire deviendra, le 25 avril 1926, l'église de la nouvelle
paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement, qui sera érigée
canoniquement à cette date. En 1979, l'ensemble sera classé
"monument historique" par le ministère des Affaires culturelles
du Québec. En 1998, la paroisse est dissoute. En 2000, les Pères
remettent l'église à l'Archevêché de Montréal.
En septembre 2004, le cardinal Jean-Claude Turcotte, Archevêque du
Diocèse de Montréal, confie le sanctuaire du Saint-Sacrement aux
Fraternités Monastiques de Jérusalem. En date du début
de l'année 2009, des travaux sont entrepris dans le chur de ce magnifique
monument. | | Texte
de Gabriel Deschambault (Janvier 2009) |
| |
| Complément
d'information sur l'église du Très-Saint-Sacrement, aujourd'hui
appelée le Sanctuaire du Saint-Sacrement. |
  L'épiscopat
de Mgr
Édouard-Charles Fabre, débute en 1876. Il voit, entre autres,
à l'arrivée au pays de plusieurs nouvelles communautés religieuses
françaises, autant féminines que masculines. Ces communautés
exercent des fonctions fort différentes de celles oeuvrant sous l'évêque
précédent, Mgr
Ignace Bourget. Les communautés se consacraient principalement à
l'éducation et aux oeuvres de bienfaisance. Le troisième évêque
de Montréal, Mgr Fabre accueille en effet plusieurs communautés
qui se vouent presque exclusivement à la prière, dont les carmélites,
les trappistes et les Pères
du Très-Saint-Sacrement.C'est à la demande de Mgr. Fabre que
les Pères de la * congrégation du Très-Saint-Sacrement viennent
à Montréal en 1890. |
|
* Congrégation du Très-Saint-Sacrement
La congrégation du Très-Saint-Sacrement est fondée à
Paris en 1856 par le père Pierre-Julien Eymard. Elle connaît une
expansion extraordinaire durant la seconde moitié du XIXe siècle
en mettant sur pied plusieurs institutions à travers l'Europe. La principale
mission de la communauté est axée sur l'adoration et la glorification
du mystère de l'Eucharistie. Sept religieux de cette communauté,
arrivent au Canada en 1890. Ils inaugurent sur l'avenue du Mont-Royal le premier
sanctuaire d'adoration du Très-Saint-Sacrement en Amérique. | |
|
La construction de l'église est confiée aux
architectes **Jean-Baptiste Resther, père (1830-1896) et Jean-Zéphirin
Resther, fils (1857-1910). |
|
 **
Jean-Baptiste Resther et Jean-Zéphirin Resther Jean-Baptiste Resther
né en 1830. il s'associe avec l'architecte Victor Roy de 1874 à
1878. Il ouvre un bureau avec son fils, Jean-Zéphirin en 1878 pour créer
la firme d'architectes Jean-Baptiste Resther et fils. En plus du Scolasticat des
jésuites (1884) il est l'auteur de l'ancien pensionnat Saint-Basile (Maison
de la culture), au 465 avenue du Mont-Royal Est (1895-1896). Cette firme conçoit
plusieurs édifices institutionnels et religieux de Montréal, dont
le couvent Saint-Joseph des franciscains (boulevard René-Lévesque)
en 1893, le Mont-Saint-Louis, 244 Sherbrooke Est (1887-1888), et l'ensemble conventuel
des Pères du Très-Saint-Sacrement, 500-530 Mont-Royal Est (1892-1897).
Après la mort de son père, Jean-Zéphirin Resther poursuit
les activités de la firme en concevant, entre autres, la manufacture L.O.
Grothé, 2000 Saint-Laurent (1907), et le pensionnat Saint-Nom-de-Marie,
628 de la Côte-Sainte-Catherine à Outremont (1903-1905). | |
|
Ces derniers dessinent un plan d'ensemble, mais vu l'ampleur
du complexe conventuel, les religieux décident d'échelonner les
travaux sur plusieurs étapes. La construction de l'église débute
par la crypte dès 1892. Simultanément, on construit la Ces derniers
dessinent un plan d'ensemble, mais vu l'ampleur du complexe conventuel, les religieux
décident d'échelonner les travaux sur plusieurs étapes. La
construction de l'église débute par la crypte dès 1892. Simultanément,
on construit la partie centrale de l'ensemble conventuel, qui est érigée
immédiatement devant l'église et bénie le 23 décembre
1894 par Mgr Fabre. En 1896, on poursuit la construction de l'ensemble conventuel
par l'érection de l'aile du noviciat à l'ouest. Le monastère
est quant à lui érigé à l'est en 1907 sur l'emplacement
de la maison Barré (rue Saint-Hubert). Malgré qu'elles aient été
construites en plusieurs étapes, la partie centrale, l'aile du noviciat
et l'aile du monastère forment un ensemble homogène le long de l'avenue
du Mont-Royal qui cache l'église située derrière. |
|
En 1929, une nouvelle aile est élevée sur la
rue Saint-Hubert. Elle est l'uvre des architectes *** Ernest Cormier et
**** Séraphin-A. Cyr. |
|
***
Ernest Cormier Né à Montréal en 1885. Il décède
dans cette même ville au début de l'année 1980. Il débute
ses études en génie civil à l'École Polytechnique
de Montréal en 1902 et reçoit son diplôme d'ingénieur
en 1906. À partir de 1909, il va étudier à Paris à
l'École des Beaux-Arts pour parfaire ses connaissances en architecture.
Il va obtenir son diplôme de cette institution en 1917. En 1942, l'Université
de Montréal va lui décerner un doctorat honoris causa pour l'ensemble
de sa carrière. Membre de l'Association des Architectes de la Province
de Québec depuis 1918, il deviendra président de cette association
en 1929. En 1920, il devient membre de la Corporation des ingénieurs du
Québec. Entre 1929 et 1930, il est reçu Fellow du Royal Institut
of British Architects et de l'Institut Royal des Architects du Canada. Au cours
de sa vie, Ernest Cormier sera gratifié de bon nombre de médailles,
de prix et d'honneurs tels que l'Ordre du Canada.De 1906 à 1901, il débute
sa carrière en tant qu'ingénieur en travaillant pour la compagnie
de la Dominion Bridge de Montréal. Pendant son séjour en Europe,
il met à profit son expérience en ingénierie en rouvrant
dans un bureau d'études parisien au cours de l'année 1916-1917.
À son retour en 1918, il ouvre son étude d'architecte. De 1919 à
1920, il enseigne l'architecture à l'Université Mc Gill. Au même
moment, il s'associe avec l'architecte montréalais J. Omer Marchand. Cette
alliance va durer jusqu'au début des années 1922. À la suite
de cette association, Cormier n'aura plus de collaborateurs permanents, préférant
oeuvrer seul. Parfois, dans le cadre de certains projets, il va se joindre à
d'autres architectes tels que Emmanuel-Arthur Doucet, Anastase Gravel, Séraphin
A, Cyr et Joseph- Égide-Césaire Daoust pour ne nommer que ceux là.
De 1925 à 1954, il enseigne à l'École polytechnique de Montréal
ainsi qu'à l'École des Beaux-Arts de Montréal. Ses principales
réalisations sont l'annexe du Palais de justice de Montréal en 1920-
1926 , son studio sur la rue Saint-Urbain entre 1921 et 1929, l'École d'Architecture
de Montréal en 1922- 1923, le pavillon principal de l'Université
de Montréal de 1924 à 1943, sa résidence sur l'avenue des
Pins Ouest en 1930- 1931, la Cour Suprême du Canada à Ottawa de 1938
à 1950, sans oublier ses travaux pour l'immeuble de l'Assemblée
des Nations Unies à New York en 1947 et l'imprimerie nationale du Canada
à Hull en 1950- 1958. En ce qui a trait au monde religieux, Cormier va
concevoir en même temps les plans de l'église et du presbytère
de la paroisse Sainte-Marguerite-Marie de Montréal et ceux de l'église
Saint-Ambroise de Montréal en 1923- 1924. Entre 1922 et 1931, il réalise
des plans de diverses écoles pour la Commission scolaire catholique de
Montréal. Entre 1924 et 1928, il prépare les projets pour la construction
de deux églises dans l'état du Rhode Island. À la même
période, les Pères du Très-Saint-Sacrement de Montréal
le charge de dresser les plans de leur nouveau monastère sur la rue Saint-Hubert
en collaboration avec S.A. Cyr. Malheureusement, un différent entre Cormier,
les Pères du Très-Saint-Sacrement et son associé, fait en
sorte qu'il se retire du dossier. En 1945-1948, Cormier est chargé de construire
l'hôpital Hôtel-Dieu de Sorel tandis qu'en 1957 -1960, les autorités
du Séminaire de Québec le mandaient pour dresser les plans de leur
Grand Séminaire à Sainte-Foy. | |
|
**** Au CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE,
1920 rue Baile à Montréal, on peut trouver dans le fonds Séraphin-A.-Cyr
(Monastère des Pères du Très-Saint-Sacrement), 15 dessins
originaux du Monastère, rue Saint-Hubert à Montréal, réalisés
en 1927-1928 | |
L'intérieur de l'église est particulièrement
frappant par la beauté de son volume basilical qui rappelle les premières
églises romaines, plus particulièrement Sainte-Sabine
sur l'Aventin à Rome. Tous les éléments iconographiques
intégrés à la décoration évoquent un des aspects
du sacrement de l'Eucharistie. L'église est de construction rectangulaire
à trois nefs ( définition : partie d'une église
qui s'étend du portail jusqu'au chur) et représente
une pièce d'architecture très intéressante tant par son volume
que par la richesse et la qualité de sa décoration tout de bois
sculpté et peint. L'originalité de Resther fut de superposer
deux tribunes au-dessus des nefs latérales. La galerie supérieure
est dotée de fines arcades rappelant celles des cloîtres ou monastères
( définition : endroit où vivent les religieux)
italiens du XIIe siècle. La galerie inférieure s'accroche aux colonnes
de bois peint à chapiteaux corinthiens originaux par leur unique couronne
de feuilles d'acanthe. Les dimensions de l'église à l'intérieur
sont de 43 m de longueur et de largeur, et 14 m en hauteur. |
| Le
maître-autel (définition : autel principal d'une église)
qui occupe le fond de l'abside (définition : extrémité
d'une église, formée par un demi-cercle et située derrière
le chur) date de 1915 et provient de la maison Daprato de Chicago.
Cette même compagnie fit aussi le maître-autel de l'Église
Saint-Jean-Baptiste. |
 En
juin 1915, Georges
Delfosse décore la haute nef et le chur du sanctuaire. Au plafond
des deux nefs latérales et du premier jubé, seize médaillons
représentent des saints et des saintes vénérés particulièrement
dans la Congrégation du Très-Saint-Sacrement. Ces peintures, de
Narcisse
Poirier , furent réalisées en 1937. |
 L'ensemble
du sanctuaire est unifié par le travail de décoration de Toussaint-Xénophon
Renaud qui, en 1906, 1910, 1915 puis en 1937 marque les contours, enjolive
de motifs floraux et créé des zones d'ombre. Il y a huit vitraux
qui occupe les fenêtres des bas-côtés et la première
tribune illuminent l'église. Ces vitraux sont *****d'Henri Perdriau. Il
est aussi l'auteur des vitraux de l'Église Saint-Jean-Baptiste. |
|
***** Henri Perdriau Il est un
ancien maître-verrier à la cathédrale de Reims. De plus, il
réalise les vitraux des cathédrales de Joliette et de Chicoutimi.
À Montréal, il travaille à la décoration du sanctuaire
du Saint-Sacrement, de l'avenue du Mont-Royal et de l'église Saint-Viateur-d'Outremont,
auprès de Guido Nincheri, qu'il initie à l'art du vitrail. | |
Les vitraux du jubé sont l'uvre de Delphisse-Alphonse
Beaulieu d'après des dessins de O. Rochon. M. Beaulieu a aussi créé
toutes les verrières de l'église de Saint-Basile-le-Grand. Par
une addition subséquente de deux ailes et d'une façade les reliant,
l'église est enchâssée dans un ensemble monumental. En
1926, devant le développement du quartier, le sanctuaire devient église
paroissiale sous le vocable de Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement.
Le 12 février 1982, l'église est victime d'un incendie criminel
majeur qui endommage lourdement la partie supérieure du monastère
et de l'église. On procède assez vite à leur réfection,
au coût d'environ 4 millions de dollars, remettant ainsi les structures
dans son état originel. À l'automne 2004, l'église sera
cédée aux Fraternités
monastiques de Jérusalem |
| L'ostensoir |
|
À l'époque, un grand ostensoir était
en permanence bien à la vue des paroissiens. Aujourd'hui un ostensoir de
taille plus modeste est exposé en dehors des liturgies sur l'autel principal. |
| La
cloche | |
Celle-ci a été bénie par Mgr Fabre en
mai 1893. Elle a été refondue en 1900. |
| Les orgues
| |
 Le
grand orgue du Sanctuaire a été construit en 1894 par Casavant
Frères de St-Hyacinthe. L'orgue (définition :
grand instrument à vent composé de tuyaux, de claviers, de pédales
et d'une soufflerie) comportait, à cette époque, 21 jeux
répartis sur 2 claviers de 58 notes chacun ainsi qu'un pédalier
concave de 30 notes. À noter, Casavant Frères, en 1891 a fabriqué
pour la basilique Notre-Dame de Montréal un orgue exceptionnel qui assoit
déjà la réputation internationale de la maison. En 1915,
les religieux du Très-Saint-Sacrement désirent doter l'église
d'un instrument plus approprié à la grandeur des lieux. Ils décident
donc de l'agrandir. Le buffet est élargi par 2 plates faces situées
de chaque côté de l'instrument et on double le nombre de jeux pour
le porter à 42. Une nouvelle console de 3 claviers, munie des technologies
en vogue à l'époque, est aussi installée à cette occasion.
Suite à l'incendie survenu en 1982, celui-ci endommage partiellement l'instrument
et force la paroisse à entreprendre une restauration. C'est à monsieur
François Caron de Montréal que sera confiée celle-ci. Lors
de cette restauration, on conserve la majeure partie de la tuyauterie originale,
soit environ 90%, par contre, une nouvelle traction électropneumatique
est construite, les moteurs et la plupart des sommiers sont remplacés.
Vu la valeur historique de l'instrument, on décide de conserver la composition
d'origine tout en harmonisant les jeux de façon plus brillante et moins
lourde. En
1912, un deuxième orgue est installé dans la crypte du Sanctuaire.
Il compte deux claviers manuels, un pédalier et 11 jeux qui passeront à
15 en 1926, au moment où l'orgue est déplacé pour permettre
le réaménagement de l'accès à la crypte. Suite à
l'incendie, il fut lui aussi restauré.
Références
données sur demande. Recherche: Diane St-Julien (mars
2009) | | |
| Liens
blibliographiques |
| |
| Source
: Fraternités de Jérusalem - Montréal |
| Iconographie |
| |
|
|
| Bibliothèque et
Archives nationales du Québec | 2009
Ange Pasquini | 2009
Ange Pasquini |
| |
|
|
| Bibliothèque et
Archives nationales du Québec | |
1915 : Archives des Pères du Saint-Sacrement |
| |
|
|
| 2008 Gabriel
Deschambault | 2008
Gabriel Deschambault | |
| Mis
à jour le : 9-apr-09 |
| © 2009 SHGP -
Société d'Histoire et de Généalogie du Plateau Mont-Royal |
|