|
|
|
|
Sanctuaire du Très-Saint-Sacrement
|
|
|
|
| |
|
Auteur: Gabriel Deschambault (Janvier
2009)
|
| Une
église sur la rue Mont-Royal |
La présence de l'église de
Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement, en plein cur
de l'avenue du Mont-Royal, parmi le brouhaha et l'achalandage
des commerces, est un fait assez inusité. Au moment venu
de leur construction, les églises préféraient
en effet, le plus souvent s'installer sur des rues plus "prestigieuses"
ou plus calmes ; comme le boulevard Saint-Joseph par exemple. 
Cette église de la rue Mont-Royal, à la fin du
dix-neuvième siècle, prend pourtant sa place avec
assurance, bien intégrée au tissu urbain de son
quartier, au milieu de ses fidèles et sans éprouver
le moindre besoin d'impressionner en faisant étalage
d'un grand terrain avec des dégagements majestueux. Pour
les religieux du Saint-Sacrement, on le verra plus tard, l'importance
réside surtout à l'intérieur de la chapelle,
dans sa mission et non dans son décor extérieur.
À leur arrivée d'Europe en
1890, les religieux du Très-Saint-Sacrement s'installèrent
immédiatement rue Mont-Royal ; dans une maison qu'ils
venaient tout juste d'acheter ; la maison Barré. Cette
demeure sera leur point d'attache autour duquel, au fil du temps,
ils bâtiront leur monastère, leur chapelle et plus
tard leur église.
La photo montre la maison Barré, où les Pères
s'installèrent à leur arrivée à
Montréal en 1890 et où ils fondèrent leur
sanctuaire d'Adoration.
|
|
Source de la photo: Archives
des Pères du Très-Saint-Sacrement
|
| J'aime
beaucoup cette église même si je ne la fréquente
plus beaucoup. J'y suis malgré tout très attaché
; elle fait partie de ma vie et de ma vie de quartier. Elle occupe
aussi une place très importante dans mon enfance et dans
ma vie personnelle. La vie de toute ma famille est aussi intimement
liée à celle de cette église. |
|
À partir de 1926, année où
la paroisse des "Pères" a été
créée, la population montréalaise vit encore
à une époque où l'église est au
cur de la vie communautaire de tout le quartier et où
elle est encore toute puissante dans son autorité. Pour
les plus vieux résidants, il est difficile de ne pas
se remémorer notre propre parcours personnel, sans que
celui-ci ne soit intimement lié à celui de l'église.
Mon grand-père faisait partie des "Congrégationnistes"
du sanctuaire du Saint-Sacrement, avant même la création
de la paroisse proprement dite; mes parents s'y sont mariés
(moi également ; dans la chapelle ayant front sur Mont-Royal)
; mon frère et moi y avons été baptisés
; j'y ai fait ma première communion ; j'y ai enterré
mes grands-parents, mes parents, mes beaux-parents et une bonne
partie de ma parenté. C'est la vie !
|
| Une
église pas comme les autres |
|
|
La singularité de ce sanctuaire tient
surtout au fait que c'était le tout premier lieu d'exposition
et d'adoration perpétuelle du Très-Saint-Sacrement
en Amérique. Étant donné l'importance de
la pratique religieuse au Québec, à cette époque,
cette particularité du sanctuaire ne sera pas étrangère
au succès immédiat qu'il connut auprès
des fidèles montréalais ; et à l'obligation
pour la communauté de rapidement songer à agrandir
et consolider cette uvre. Bien sûr, il est inutile
de mentionner l'extrême fierté des résidants
de la paroisse à l'égard de leur sanctuaire. Aujourd'hui
; nous dirions, qu'il s'agirait d'un véritable "success
story", à l'égard de cette approche pastorale.
|
Les annales de la congrégation nous
racontent qu'à cette occasion, les travailleurs des carrières
de pierre du Côteau-Saint-Louis, offrirent le fruit de
leur labeur et apportèrent les pierres nécessaires
à la construction de l'église en organisant une
procession solennelle de fardiers remplis de pierres, provenant
probablement de la carrière de l'actuel parc Laurier,
dans les rues du quartier. Au départ de l'hôtel
de ville (Laurier et Saint-Laurent), la
"parade" emprunta grosso modo le boulevard Saint-Joseph,
la rue Saint-Laurent, la rue Sherbrooke et remonta Saint-Denis
jusqu'à la maison des Pères, rue Mont-Royal. La
communauté offrira aussi les pierres en "commandite",
à des prix variant entre 13 sous et 10$, afin d'aider
à défrayer les coûts de la construction.
La photo qui date de 1894 montre la chapelle avant l'adjonction
du noviciat ; du côté ouest
|
| Source
de la photo: Archives des Pères du Très-Saint-Sacrement |
|
Dès mai 1892, on procède à
la bénédiction de la première pierre ;
avec 5000 personnes sur la rue Mont-Royal, qui entourent les
fondations de l'église. Cette pierre est offerte par
le Saint-Père, Léon XIII lui-même et elle
provient du cimetière de Saint Calixte de Rome. En décembre
1892, la crypte sera consacrée au culte. Deux ans plus
tard, en décembre 1894, c'est la chapelle supérieure
qui sera finalement inaugurée.
|
 On
voit ici le sanctuaire à peine quelques années
après sa construction ; on peut également voir
la maison Barré (à l'extrême gauche sur
la photo ; elle sera démolie en 1907), lieu d'accueil
à l'arrivée des Pères du Très Saint-Sacrement.
Le sanctuaire a été réalisé à
partir des plans des architectes Resther, père et fils.
Le noviciat occupe l'aile ouest.
À partir de mars 1897, avec la création du noviciat,
il devint alors possible d'assurer l'adoration, diurne et nocturne,
du Saint-Sacrement ; celle-ci se poursuivant sans interruption
dès lors (à l'exception des liturgies des Vendredis
Saint).
|
| Source
de la photo: tirée du volume "Le Diocèse de
Montréal à la fin du dix-neuvième siècle" |
| La procession de la Fête-dieu |
 C'est
cette même année, qu'eut lieu la première
procession de la Fête-Dieu. Dans les premières
années, cette procession a lieu sur les terrains même
de la communauté. Après quelques temps, les Pères
obtinrent la permission de circuler dans les rues des paroisses
Saint Jean-Baptiste et Saint-Denis. Cette procession prend alors
une envergure très importante ; avec la présentation
de l'ostensoir, promené sous un dais très élaboré
et par la longue suite de paroissiens avec des cierges (on parle
de 4000 personnes) qui le suivent. J'y ai déjà
participé au début des années soixante
en portant une banderole à caractère religieux.
J'étais très impressionné.
Les maisons tout au long du parcours étaient décorées
avec les drapeaux papals et ceux du Sacré-cur ;
plusieurs galeries étaient enrubannées de papier
"crépon" jaune et blanc, couleurs de la papauté.
Un reposoir, le long du parcours servait de point de pause en
permettant une brève célébration.
|
|
Source de la photo: collection
famille Gabriel Deschambault
|
|
"Reposoir" installé
sur le parcours de la procession ; début des années
vingt. Il s'agit de notre maison de la rue Christophe-Colomb,
où mon grand-père, congrégationaliste du
Saint-Sacrement, avait réalisé cette installation.
Un office avait lieu à l'arrêt du cortège.
L'ensemble est illuminé à l'électricité
; ce qui devait faire bel effet en soirée.
|
|
Les Pères étaient très
fiers de leur sanctuaire et ne négligeaient aucun effort
pour l'embellir constamment. Après l'installation relativement
simple du chur, offerte par la mise en place conçue
par l'architecte Resther, les Pères commandèrent
un nouveau décor pour le sanctuaire. En 1915, l'église
reçoit son nouveau maître-autel, que l'on décrit
: "
un nouveau trône et autel d'exposition ;
très joli travail en rigalico, tout à l'honneur
de la maison Daprato (Chicago)". Le terme rigalico semble
associé au travail du plâtre, s'adressant à
des uvres écclésiastiques et faisant jouer
les faux fini de marbre et autres pierres nobles ; personnellement,
je ne connais pas cette technique. Toutefois, le site internet
mis en place par les Fraternités Monastiques (voir adresse
plus bas) indique : "maître-autel de la maison Daprato
Rigali Studios de Chicago".
On refit également le décor intérieur,
uvre de Toussaint-Xénophon Renaud et plus particulièrement,
les peintures de la voûte et celles entourant le chur,
qui sont l'uvre du peintre montréalais bien connu,
Georges Delfosse.
|
| Un trésor d'or
et de vermeil |
|
Après quelques années dans
ce magnifique décor, les Pères, en pensant à
leur ostensoir datant de leurs débuts de 1894, jugèrent
qu'il était temps d'offrir un logement encore plus grandiose
et digne de cette exposition permanente de l'Eucharistie. Ainsi,
en mai 1920, ils firent part aux fidèles de ce projet.
Je cite ici l'édition du Messager du Très-Saint-Sacrement
décrivant l'histoire du sanctuaire et publié en
février 1941 ; Je cite cet extrait car je le trouve relativement
exceptionnel et très représentatif des murs
du temps (1920 / autant de la part des fidèles, que des
religieux !).
|
| |
" Tous les amis du Grand Pauvre de
l'Hostie furent invités à contribuer à
la confection du futur bijou par l'offrande de l'argent, de
l'or et des pierres précieuses. L'appel fut entendu et
reçut une réponse magnifique, qui donna lieu à
des sacrifices profondément édifiants, parfois
héroïques.
Non seulement les vieux trinquets et les vieilles gemmes oubliées
depuis longtemps dans les vieux tiroirs, mais des joyaux de
grand prix, des souvenirs inappréciables furent généreusement
offerts ; témoin ce valeureux soldat de la Grande Guerre,
présentant sa croix de la Légion d'Honneur, héroïquement
gagnée au péril de sa vie ; témoin encore
cet étudiant de l'Université qui apporte au Maître
divin une magnifique médaille d'or, récompense
de ses labeurs ; et cette dame qui veut attacher à l'Ostensoir
de Jésus, une étoile de diamants, évaluée
à plus de mille dollars, afin d'obtenir une grâce
plus précieuse que tous ses riches joyaux.
Et l'Ostensoir, ou plutôt les Ostensoirs furent confectionnés
en France, car il en eut deux, un grand, mesurant plus de six
pieds de hauteur, et un petit qui s'insérait dans le
premier, tous deux uvres d'art remarquable.
Le grand était de vermeil, le petit d'or solide, tous
deux littéralement couverts de ierres précieuses,
où domine le diamant ; une couronne de gros rubis encercle
l'Hostie ; sur le pied on peut admirer quatre jolis émaux
de Limoges.
Il resta assez de métal précieux pour confectionner
en plus un calice d'or pur, vrai chef-d'uvre d'orfèvrerie,
copieusement enrichi des plus belles gemmes, ainsi qu'un ciboire,
d'or pur lui aussi."
|
|
| |
"Cinquante ans derayonnement
eucharistique ; les Pères du Très-Saint-Sacrement
au Canada ; 1890-1940". Messager du Très-Saint-Sacrement,
février 1941 page 51
|
|
|
Pouvez-vous imaginer pareille histoire !
Six ans plus tard, le sanctuaire deviendra, le 25 avril 1926,
l'église de la nouvelle paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement,
qui sera érigée canoniquement à cette date.
En 1979, l'ensemble sera classé "monument historique"
par le ministère des Affaires culturelles du Québec.
En 1998, la paroisse est dissoute.
En 2000, les Pères remettent l'église à
l'Archevêché de Montréal.
En septembre 2004, le cardinal Jean-Claude Turcotte, Archevêque
du Diocèse de Montréal, confie le sanctuaire du
Saint-Sacrement aux Fraternités Monastiques de Jérusalem.
En date du début de l'année 2009, des travaux
sont entrepris dans le chur de ce magnifique monument.
|
| |
| |
Auteure: Diane St-Julien (Mars
2009)
|
|
Complément d'information sur l'église
du Très-Saint-Sacrement, aujourd'hui appelée le
Sanctuaire du Saint-Sacrement.
|
  L'épiscopat
de Mgr
Édouard-Charles Fabre, débute en 1876. Il
voit, entre autres, à l'arrivée au pays de plusieurs
nouvelles communautés religieuses françaises,
autant féminines que masculines. Ces communautés
exercent des fonctions fort différentes de celles oeuvrant
sous l'évêque précédent, Mgr
Ignace Bourget. Les communautés se consacraient principalement
à l'éducation et aux oeuvres de bienfaisance.
Le troisième évêque de Montréal,
Mgr Fabre accueille en effet plusieurs communautés qui
se vouent presque exclusivement à la prière, dont
les carmélites, les trappistes et les Pères
du Très-Saint-Sacrement.C'est à la demande
de Mgr. Fabre que les Pères de la * congrégation
du Très-Saint-Sacrement viennent à Montréal
en 1890.
|
|
* Congrégation
du Très-Saint-Sacrement
La congrégation du Très-Saint-Sacrement est fondée
à Paris en 1856 par le père Pierre-Julien Eymard.
Elle connaît une expansion extraordinaire durant la seconde
moitié du XIXe siècle en mettant sur pied plusieurs
institutions à travers l'Europe. La principale mission
de la communauté est axée sur l'adoration et la
glorification du mystère de l'Eucharistie. Sept religieux
de cette communauté, arrivent au Canada en 1890. Ils
inaugurent sur l'avenue du Mont-Royal le premier sanctuaire
d'adoration du Très-Saint-Sacrement en Amérique.
|
|
|
La construction de l'église est confiée
aux architectes Jean-Baptiste Resther, père (1830-1896)
et Jean-Zéphirin Resther, fils (1857-1910).
|
|
 Jean-Baptiste
Resther et Jean-Zéphirin Resther
Jean-Baptiste Resther né en 1830. il s'associe avec l'architecte
Victor Roy de 1874 à 1878. Il ouvre un bureau avec son
fils, Jean-Zéphirin en 1878 pour créer la firme
d'architectes Jean-Baptiste Resther et fils. En plus du Scolasticat
des jésuites (1884) il est l'auteur de l'ancien pensionnat
Saint-Basile (Maison de la culture), au 465 avenue du Mont-Royal
Est (1895-1896). Cette firme conçoit plusieurs édifices
institutionnels et religieux de Montréal, dont le couvent
Saint-Joseph des franciscains (boulevard René-Lévesque)
en 1893, le Mont-Saint-Louis, 244 Sherbrooke Est (1887-1888),
et l'ensemble conventuel des Pères du Très-Saint-Sacrement,
500-530 Mont-Royal Est (1892-1897). Après la mort de
son père, Jean-Zéphirin Resther poursuit les activités
de la firme en concevant, entre autres, la manufacture L.O.
Grothé, 2000 Saint-Laurent (1907), et le pensionnat Saint-Nom-de-Marie,
628 de la Côte-Sainte-Catherine à Outremont (1903-1905).
|
|
|
Ces derniers dessinent un plan d'ensemble,
mais vu l'ampleur du complexe conventuel, les religieux décident
d'échelonner les travaux sur plusieurs étapes.
La construction de l'église débute par la crypte
dès 1892. Simultanément, on construit la Ces derniers
dessinent un plan d'ensemble, mais vu l'ampleur du complexe
conventuel, les religieux décident d'échelonner
les travaux sur plusieurs étapes. La construction de
l'église débute par la crypte dès 1892.
Simultanément, on construit la partie centrale de l'ensemble
conventuel, qui est érigée immédiatement
devant l'église et bénie le 23 décembre
1894 par Mgr Fabre. En 1896, on poursuit la construction de
l'ensemble conventuel par l'érection de l'aile du noviciat
à l'ouest. Le monastère est quant à lui
érigé à l'est en 1907 sur l'emplacement
de la maison Barré (rue Saint-Hubert). Malgré
qu'elles aient été construites en plusieurs étapes,
la partie centrale, l'aile du noviciat et l'aile du monastère
forment un ensemble homogène le long de l'avenue du Mont-Royal
qui cache l'église située derrière.
|
|
En 1929, une nouvelle aile est élevée
sur la rue Saint-Hubert. Elle est l'uvre des architectes
Ernest Cormier et Séraphin-A. Cyr.
|
|
Ernest Cormier
Né à Montréal en 1885. Il décède
dans cette même ville au début de l'année
1980. Il débute ses études en génie civil
à l'École Polytechnique de Montréal en
1902 et reçoit son diplôme d'ingénieur en
1906. À partir de 1909, il va étudier à
Paris à l'École des Beaux-Arts pour parfaire ses
connaissances en architecture. Il va obtenir son diplôme
de cette institution en 1917. En 1942, l'Université de
Montréal va lui décerner un doctorat honoris causa
pour l'ensemble de sa carrière. Membre de l'Association
des Architectes de la Province de Québec depuis 1918,
il deviendra président de cette association en 1929.
En 1920, il devient membre de la Corporation des ingénieurs
du Québec. Entre 1929 et 1930, il est reçu Fellow
du Royal Institut of British Architects et de l'Institut Royal
des Architects du Canada. Au cours de sa vie, Ernest Cormier
sera gratifié de bon nombre de médailles, de prix
et d'honneurs tels que l'Ordre du Canada.De 1906 à 1901,
il débute sa carrière en tant qu'ingénieur
en travaillant pour la compagnie de la Dominion Bridge de Montréal.
Pendant son séjour en Europe, il met à profit
son expérience en ingénierie en rouvrant dans
un bureau d'études parisien au cours de l'année
1916-1917. À son retour en 1918, il ouvre son étude
d'architecte. De 1919 à 1920, il enseigne l'architecture
à l'Université Mc Gill. Au même moment,
il s'associe avec l'architecte montréalais J. Omer Marchand.
Cette alliance va durer jusqu'au début des années
1922. À la suite de cette association, Cormier n'aura
plus de collaborateurs permanents, préférant oeuvrer
seul. Parfois, dans le cadre de certains projets, il va se joindre
à d'autres architectes tels que Emmanuel-Arthur Doucet,
Anastase Gravel, Séraphin A, Cyr et Joseph- Égide-Césaire
Daoust pour ne nommer que ceux là. De 1925 à 1954,
il enseigne à l'École polytechnique de Montréal
ainsi qu'à l'École des Beaux-Arts de Montréal.
Ses principales réalisations sont l'annexe du Palais
de justice de Montréal en 1920- 1926 , son studio sur
la rue Saint-Urbain entre 1921 et 1929, l'École d'Architecture
de Montréal en 1922- 1923, le pavillon principal de l'Université
de Montréal de 1924 à 1943, sa résidence
sur l'avenue des Pins Ouest en 1930- 1931, la Cour Suprême
du Canada à Ottawa de 1938 à 1950, sans oublier
ses travaux pour l'immeuble de l'Assemblée des Nations
Unies à New York en 1947 et l'imprimerie nationale du
Canada à Hull en 1950- 1958. En ce qui a trait au monde
religieux, Cormier va concevoir en même temps les plans
de l'église et du presbytère de la paroisse Sainte-Marguerite-Marie
de Montréal et ceux de l'église Saint-Ambroise
de Montréal en 1923- 1924. Entre 1922 et 1931, il réalise
des plans de diverses écoles pour la Commission scolaire
catholique de Montréal. Entre 1924 et 1928, il prépare
les projets pour la construction de deux églises dans
l'état du Rhode Island. À la même période,
les Pères du Très-Saint-Sacrement de Montréal
le charge de dresser les plans de leur nouveau monastère
sur la rue Saint-Hubert en collaboration avec S.A. Cyr. Malheureusement,
un différent entre Cormier, les Pères du Très-Saint-Sacrement
et son associé, fait en sorte qu'il se retire du dossier.
En 1945-1948, Cormier est chargé de construire l'hôpital
Hôtel-Dieu de Sorel tandis qu'en 1957 -1960, les autorités
du Séminaire de Québec le mandaient pour dresser
les plans de leur Grand Séminaire à Sainte-Foy.
|
|
|
Au CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE,
1920 rue Baile à Montréal, on peut trouver dans
le fonds Séraphin-A.-Cyr (Monastère des Pères
du Très-Saint-Sacrement), 15 dessins originaux du Monastère,
rue Saint-Hubert à Montréal, réalisés
en 1927-1928
|
|
L'intérieur de l'église est
particulièrement frappant par la beauté de son
volume basilical qui rappelle les premières églises
romaines, plus particulièrement Sainte-Sabine
sur l'Aventin à Rome. Tous les éléments
iconographiques intégrés à la décoration
évoquent un des aspects du sacrement de l'Eucharistie.
L'église est de construction rectangulaire à trois
nefs ( définition : partie d'une église
qui s'étend du portail jusqu'au chur) et
représente une pièce d'architecture très
intéressante tant par son volume que par la richesse
et la qualité de sa décoration tout de bois sculpté
et peint.
L'originalité de Resther fut de superposer deux tribunes
au-dessus des nefs latérales. La galerie supérieure
est dotée de fines arcades rappelant celles des cloîtres
ou monastères ( définition : endroit
où vivent les religieux) italiens du XIIe siècle.
La galerie inférieure s'accroche aux colonnes de bois
peint à chapiteaux corinthiens originaux par leur unique
couronne de feuilles d'acanthe. Les dimensions de l'église
à l'intérieur sont de 43 m de longueur et de largeur,
et 14 m en hauteur.
|
|
Le maître-autel (définition
: autel principal d'une église) qui occupe le
fond de l'abside (définition : extrémité
d'une église, formée par un demi-cercle et située
derrière le chur) date de 1915 et provient
de la maison Daprato de Chicago. Cette même compagnie
fit aussi le maître-autel de l'Église Saint-Jean-Baptiste.
|
En
juin 1915, Georges
Delfosse décore la haute nef et le chur du
sanctuaire. Au plafond des deux nefs latérales et du
premier jubé, seize médaillons représentent
des saints et des saintes vénérés particulièrement
dans la Congrégation du Très-Saint-Sacrement.
Les peintures, de Narcisse
Poirier furent réalisées en 1937.
Narcisse
Poirier est né à Saint-Félix de Valois,
comté de Joliette le 19 mars 1883. Il sétablit
à Montréal à lâge de 16 ans
pour y développer ses talents innés pour le
dessin. Il étudie avec les meilleurs professeurs de
lépoque, au Monument national, à lAcadémie
Julian de Paris, au Musée des beaux-arts. Il fut honoré
de plusieurs prix et mentions en raison de son style particulier.
Il a consacré toute sa vie à son art et a déposé
à regret ses pinceaux à lâge de
92 ans. Il a mené une vie très heureuse, bien
secondé par trois épouses, la dernière
épousée à 79 ans- et le support dune
nombreuse et fidèle clientèle. Il sest
éteint doucement le 3 avril 1984, à lâge
de 101 ans après une vie très bien remplie et
au grand regret de ses trois enfants.
(Extrait) Jeanne Poirier
|
 L'ensemble
du sanctuaire est unifié par le travail de décoration
de Toussaint-Xénophon
Renaud qui, en 1906, 1910, 1915 puis en 1937 marque les
contours, enjolive de motifs floraux et créé des
zones d'ombre.
Il y a huit vitraux qui occupe les fenêtres des bas-côtés
et la première tribune illuminent l'église. Ces
vitraux sont d'Henri Perdriau. Il est aussi l'auteur des vitraux
de l'Église Saint-Jean-Baptiste.
|
|
Henri Perdriau
Il est un ancien maître-verrier à la cathédrale
de Reims. De plus, il réalise les vitraux des cathédrales
de Joliette et de Chicoutimi. À Montréal, il travaille
à la décoration du sanctuaire du Saint-Sacrement,
de l'avenue du Mont-Royal et de l'église Saint-Viateur-d'Outremont,
auprès de Guido Nincheri, qu'il initie à l'art
du vitrail.
|
|
Les vitraux du jubé sont l'uvre
de Delphisse-Alphonse Beaulieu d'après des dessins de
O. Rochon.
M. Beaulieu a aussi créé toutes les verrières
de l'église de Saint-Basile-le-Grand.
Par une addition subséquente de deux ailes et d'une façade
les reliant, l'église est enchâssée dans
un ensemble monumental.
En 1926, devant le développement du quartier, le sanctuaire
devient église paroissiale sous le vocable de Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement.
Le 12 février 1982, l'église est victime d'un
incendie criminel majeur qui endommage lourdement la partie
supérieure du monastère et de l'église.
On procède assez vite à leur réfection,
au coût d'environ 4 millions de dollars, remettant ainsi
les structures dans son état originel.
À l'automne 2004, l'église sera cédée
aux Fraternités
monastiques de Jérusalem
|
| L'ostensoir |
|
À l'époque, un grand ostensoir
était en permanence bien à la vue des paroissiens.
Aujourd'hui un ostensoir de taille plus modeste est exposé
en dehors des liturgies sur l'autel principal.
|
| La
cloche |
|
Celle-ci a été bénie
par Mgr Fabre en mai 1893. Elle a été refondue
en 1900.
|
| Les
orgues |
|
 Le
grand orgue du Sanctuaire a été construit en 1894
par Casavant
Frères de St-Hyacinthe. L'orgue (définition
: grand instrument à vent composé de tuyaux, de
claviers, de pédales et d'une soufflerie) comportait,
à cette époque, 21 jeux répartis sur 2
claviers de 58 notes chacun ainsi qu'un pédalier concave
de 30 notes. À noter, Casavant Frères, en 1891
a fabriqué pour la basilique Notre-Dame de Montréal
un orgue exceptionnel qui assoit déjà la réputation
internationale de la maison.
En 1915, les religieux du Très-Saint-Sacrement désirent
doter l'église d'un instrument plus approprié
à la grandeur des lieux. Ils décident donc de
l'agrandir. Le buffet est élargi par 2 plates faces situées
de chaque côté de l'instrument et on double le
nombre de jeux pour le porter à 42. Une nouvelle console
de 3 claviers, munie des technologies en vogue à l'époque,
est aussi installée à cette occasion.
Suite à l'incendie survenu en 1982, celui-ci endommage
partiellement l'instrument et force la paroisse à entreprendre
une restauration. C'est à monsieur François Caron
de Montréal que sera confiée celle-ci. Lors de
cette restauration, on conserve la majeure partie de la tuyauterie
originale, soit environ 90%, par contre, une nouvelle traction
électropneumatique est construite, les moteurs et la
plupart des sommiers sont remplacés. Vu la valeur historique
de l'instrument, on décide de conserver la composition
d'origine tout en harmonisant les jeux de façon plus
brillante et moins lourde.
En
1912, un deuxième orgue est installé dans la crypte
du Sanctuaire. Il compte deux claviers manuels, un pédalier
et 11 jeux qui passeront à 15 en 1926, au moment où
l'orgue est déplacé pour permettre le réaménagement
de l'accès à la crypte. Suite à l'incendie,
il fut lui aussi restauré.
Sources des photos: internet
Références
données sur demande
|
| |
| Iconographie |
|
|
|
|
|
Bibliothèque et Archives
nationales du Québec
|
Ange Pasquini (2009)
|
Ange Pasquini (2009)
|
|
|
|
|
|
Bibliothèque et Archives
nationales du Québec
|
|
Archives des Pères du
Saint-Sacrement (1915)
|
|
|
|
|
|
Gabriel Deschambault (2008)
|
Gabriel Deschambault (2008)
|
Gabriel Deschambault (2008)
|
|
Mis à jour le :
18-apr-11
|
|
© 2009 SHGP - Société
d'Histoire et de Généalogie du Plateau Mont-Royal
|
|