Guylaine et sa
famille (sa mère Gisèle Forest et ses quatre enfants,
Benoît, Guylaine, Chantal et Sylvain) déménagent
au 3957 de la rue Drolet, vers la fin des années 60, alors
que Guylaine a environ 5 ans. Un ou deux ans plus tard, tout probablement
en 1970, le feu prend dans le hangar derrière leur maison
et la famille déménage au 3815 de la rue Drolet,
où la famille demeure jusquà ce que Guylaine
termine sa sixième année à lÉcole
Jean-Jacques Olier. Par la suite, la famille habite au 3832 de
la
rue
Saint-Denis.
Le 3957 Drolet est actuellement en très mauvais état
et sera tout probablement rénové sous peu. Guylaine
assure que la maison na pas changé depuis que sa
famille loccupait. À lextérieur, ce
sont toujours les mêmes portes, la même devanture
et les mêmes couleurs de peinture. À larrière
de la maison, on peut deviner où était situé
le hangar et il y a encore des traces du feu sur le mur extérieur.
Lorsque Guylaine arrive sur la rue Drolet, le parc Jean-Jacques-Olier
existe déjà, mais sous une forme rudimentaire. Les
résidents lappellent le parc Drolet. Il est beaucoup
plus petit, il y a peu de verdure et on y trouve seulement des
balançoires. Il y a alors une maison à côté
de celle actuellement située à la limite sud du
parc.
Outre le parc et lincendie de sa maison, Guylaine garde
dautres souvenirs de sa jeune enfance :
Il y avait une sirène dans la ruelle, derrière le
sanctuaire des Dominicains (3980, rue Saint-Denis). Cette sirène
remontait tout probablement à lépoque de la
guerre froide et, lorsque la sirène se mettait en marche
(soit en raison dun court-circuit ou dun exercice),
les gens devaient trouver refuge immédiatement.
Lors de la Crise doctobre, qui a débuté en
1970 avec l'enlèvement de l'attaché commercial britannique,
James Richard Cross par la cellule indépendantiste Libération,
il y avait alors un couvre-feu et larmée était
sur place.
Guylaine garde de très bons souvenirs de Gaston Michaud
: « Gaston Michaud ma donné le goût de
vivre pleinement et de persévérer, même lorsque
jétais toute petite. Cest un exemple pour moi.
Il mettait de la vie partout où il allait et il transmettait
tellement bien sa joie de vivre. Une fois que Gaston Michaud a
commencé à faire des projets de vie dans le quartier,
les enfants ne flânaient pas dans la rue. Il y avait beaucoup
dactivités ». Elle se souvient aussi quil
y avait des personnes de plusieurs différents pays sur
la rue mais quil ny avait pas de conflits entre eux.
Elle ajoute : « On nétait pas riche mais on
était bien. Il y avait lessentiel des amis
».
Parmi les activités organisées par Gaston Michaud,
il y a le camp de vacances au lac Clair près du village
de Saint-Béatrix. Guylaine et sa famille y vont pendant
deux semaines chaque été : « Ma famille, pour
un prix minime, avait accès à un chalet en campagne
et avait chaque année deux semaines de vacances merveilleuses.
Il y avait en plus des activités organisés et surveillés
sur place, tout ça avec des familles du quartier ».
En plus des activités organisées par Gaston Michaud,
il y a un comité de loisirs à lÉcole
Jean-Jacques-Olier et des activités presque chaque soir,
sans parler des compétitions organisées avec les
comités de loisirs des autres quartiers : « Dans
ce temps-là, on ne sennuyait pas. Cétait
vraiment amusant ». Les enfants jouent aussi sur les trottoirs
et dans les ruelles mais les parents de Guylaine exigent que leurs
enfants demeurent à lintérieur du périmètre
délimité par les rues Roy, St-Denis, Duluth et Laval,
permettant ainsi aux parents dexercer une surveillance sur
les jeunes.
Cest durant les années 70 que la Coop Olier prend
naissance au 358-360-362 de la rue Roy, entre les rues Drolet
et Saint-Denis. La Coop Olier, qui fait toujours partie intégrante
des organismes caritatifs sur le Plateau Mont-Royal, favorise
le mieux-être de gens à faible revenu au moyen d'ateliers,
de services d'entraide et d'activités diverses. Plusieurs
personnes de la rue Drolet, dont Gaston Michaud, sont impliquées
lors de sa fondation.
Cest aussi durant les années 70 que plusieurs incendies
se produisent : « Je me souviens dun époque
où il y avait beaucoup de feux dans le quartier. Il y avait
comme un élan de panique ». Lors de lincendie
qui a détruit le pâté de maisons situé
au 3847-3871 Drolet, le 27 juin 1974, plusieurs familles, dont
les Émond, les Grenier et les Boisvenu, se trouvent sur
le trottoir et un enfant, René Meunier, meurt. Il semble
quil soit retourné à lintérieur
dun hangar derrière les maisons afin de récupérer
son vélo (voir article publié dans le Montreal Star
le 28 juin 1974).
Guylaine se souvient aussi des inondations sur la rue Drolet durant
les années 80.
Malgré tout, les adultes samusent : « Il y
avait beaucoup de party durant ce temps-là.
Les gens aimaient ça fêter ».
Elle garde aussi un souvenir du timbre des cloches de lÉglise
Saint-Jean-Baptiste, des Surs de Sainte-Anne qui habitaient
au 3814 Drolet (où sa mère suivait des cours de
couture) et des initiales M.G. devant le 3999A Drolet, où
habitait alors Maryse Gaudreau. Maryse a profité dune
rénovation pour y laisser sa trace! Guylaine, qui habite
dans le nord de la Ville, revient souvent dans le quartier pour
se ressourcer et se remémorer avec plaisir son enfance
et son adolescence.