En mai 1622 :
nâquit Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau,
au château de Saint-Germain-en-Laye (banlieue parisienne).
En juillet, il est baptisé et Louis XIII est son parrain.
En 1639 : il entre dans l'armée française, devient
capitaine puis colonel. Il participe à plusieurs campagnes
de la guerre de Trente Ans. Lors de la bataille d'Orbetello, il
y est blessé au bras et ne s'en remettra jamais.
Quand il n'était pas en service, Frontenac résidait
à la cours du roi. Il y menait une vie très extravagante
et accumula une quantité considérable de dettes.
En octobre 1648 : Frontenac épouse Anne de la Grange-Trianon,
célèbre pour sa beauté physique. Son portrait
se trouve à Versailles.
En mai 1651 : Anne donne naissance à François-Louis,
le seul enfant du couple.
En avril 1672 : à l'âge de 50 ans, Frontenac est
promu gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France,
en partie afin de dérouter ses créanciers.
En juin 1672 : il embarque (sans
sa femme) à La Rochelle pour accomplir
son premier mandat
de gouverneur (de 1672 à 1682) en cette Nouvelle-France.
Le projet le plus illustre durant ce premier mandat a eu lieu
au début, il s'agit de la découverte du Mississipi
par Louis Jolliet et le père Jacques Marquette.
Mais un complot mené contre Frontenac par un sous-ministre
français désireux de prendre le contrôle de
la traite des fourrures entraînent en 1682 son rappel vers
la France.
En octobre 1689 : à l'âge
de 67 ans, après un interrègne de sept années,
le comte revient en Nouvelle-France. Il fait réoccuper
d'urgence le fort qui porte son nom (lequel avait été
capturé par les Anglais) et fait exécuter des travaux
de fortification à Montréal, à Québec
et sur les côtes.
En 1690 : Frontenac organise contre les Anglais trois batailles
le long du Saint-Laurent : à Ville-Marie, à Trois-Rivières,
et à Québec. Les Anglais riposte par mer, en Acadie
en s'emparant de Pentagouët et de Port-Royal. Puis par terre,
à partir de New-York, avec le soutien des iroquois, sous
les ordres de l'amiral Phipps. Ces derniers sont défait
devant Ville-Marie et se débande sur le lac Champlain.
Mais l'énorme flotte de Phipps remonte le fleuve et vient
assiéger Québec le16 octobre 1690. Frontenac, prévenu
à temps, organise en hâte la résistance. Phipps
a à peine jeté l'ancre qu'il envoie à Frontenac
un parlementaire portant une sommation. Celui-ci présente
un ultimatum, au nom de Guillaume III et Marie, roi et reine d'Angleterre
qui l'invite à se rendre sans combat et se réservant
le droit de lui pardonner. Il lui donne une heure pour prendre
sa décision. Fronctenac répond sans délai
: "Je ne connais pas le roi Guillaume, usurpateur qui a violé
les droits les plus sacrés du sang en voulant détrôner
Jacques II, son beau-père; quant à votre général,
qu'il sache que je n'ai pas de réponse à lui faire
que par la bouche de mes canons et à coups de fusil; qu'il
apprenne que ce n'est pas de la sorte qu'on envoie sommer un homme
tel que moi et, quand je voudrais me rendre, tous ces braves officiers
que vous voyez n'y consentiraient jamais."
Deux jours après, les Anglais attaquent. Après 3
jours de siège, ils sont repoussés vaillamment par
les canadiens et un froid glacial. Phipps se résigna à
rentrer à Boston. Québec était sauvée!
Quelque temps après, on avise Frontenac que la paix entre
la France et l'Angleterre avait été signée.
La guerre était enfin finie et Frontenac avait réussi
avec succès à protéger la Nouvelle-France
des attaques ennemies.
La
victoire de Frontenac fut célébrée avec éclat
en Nouvelle-France ainsi qu'en France où elle fut commémorée
par une médaille. L'avers de la médaille montre
Louis XIV, de profil, et porte l'inscription latine "Ludovicus
magnus rex christianus" (Louis, le grand roi chrétien).
Le revers représente un personnage allégorique foulant
à ses pieds le drapeau anglais. À sa gauche, on
voit un castor, tandis qu'à sa droite une autre figure
symbolique appuyée sur une urne représente le fleuve
Saint-Laurent. En exergue, on peut lire : "Francia in novo
orbe victrix" (la France victorieuse au Nouveau-Monde) et
au bas, "Kebeca Liberata MDCXC".
Cette même médaille sera frappée à
nouveau en 1967 et remise à la population du Québec
par le général Charles de Gaulle, président
de la République française, lors de sa visite historique
à l'Exposition universelle de Montréal.
En 1697 : la paix est signée entre la France et l'Angleterre
(traité de Ryswick). La paix revenue, le vieux gouverneur
continua son travail, ses projets d'expansion de la Nouvelle-France
maintenant entérinés par Paris. Mais il se retrouva
à nouveau en conflit avec les autres autorités de
la colonie et tout semblait indiquer qu'il serait de nouveau rappelé
en France. Toutefois, avant que Paris ait eu le temps d'agir,
Frontenac tomba malade à l'automne de 1698.
Le 28 novembre 1698 : à l'âge de 76 ans, Frontenac
meurt à Québec. Il est inhumé en l'église
des Récollets.