| Toponymie |
Familière
avec le soin des malades et désireuse de se rendre en Nouvelle-France,
Jeanne
Mance (1601-1673), native de Langres,
rencontre Angélique Faure, veuve de Bullion*, qui lui offre
de défrayer les coûts d'établissement d'un
hôpital dans la colonie. Devenue membre de la Société
Notre-Dame, elle s'embarque avec Chomedey* de Maisonneuve* en
mai 1641. Ville-Marie est fondée en 1642. Jeanne Mance
ouvre à l'intérieur du fort son premier Hôtel-Dieu.
Après plusieurs voyages en France, elle ramène,
en 1657, des religieuses de La Flèche à qui elle
confie l'hôpital, déménagé sur la rue
Saint-Paul, puis sur la rue Saint-Urbain.
L'histoire du parc commence dans la deuxième moitié
du XIXe siècle avec l'aménagement du parc Mont-Royal
et l'acquisition par la Ville des terrains de la montagne, qui
regroupent la pente de la montagne jusqu'à l'avenue Esplanade,
entre l'avenue des Pins et l'avenue du Mont-Royal. Aujourd'hui
séparé en deux par l'avenue du Parc, ce piedmont
est alors un tout morcelé par des accidents géographiques
qui invitent à des usages différents.
La partie du parc Mont-Royal situé à l'ouest de
l'avenue du Parc (avenue alors inexistante) présente une
surface plane bien entretenue et un monticule connu sous le nom
de *Fletcher's Hill+: cet espace est utilisé dans les années
1875-1880 comme terrain de golf et comme lieu d'exercice militaire,
le monticule servant de poste d'observation. L'ensemble est identifié
par la population anglophone sous le surnom de *Fletcher's Field+
que les francophones traduisent parfois par *Ferme Fletcher+.
La partie à l'est présente un aspect moins intéressant:
on y trouve du sud au nord une mince bande de terre longeant l'Hôtel-Dieu,
une carrière (nord de Duluth), une baissière où
se ramassent les eaux au printemps. Ce *champ des oubliés+,
comme le surnomme les quelques résidants du voisinage,
ne fait pas l'objet d'aménagement avant le début
du XXe siècle, si l'on excepte les estrades et les bâtiments
annexes construits pour l'Exposition provinciale lorsque celle-ci
déborde de son site officiel, au nord de l'avenue du Mont-Royal.
Sans doute la disparition de l'Exposition provinciale après
l'incendie de 1896 est-elle l'occasion d'entreprendre des travaux
d'aplanissement. Le terrain adopte alors la même dénomination
officieuse de Fletcher's Field que la partie à l'ouest
de la nouvelle avenue du Parc* ouverte depuis 1883. Officiellement
cependant, ce parc fait partie du parc du Mont-Royal.
En 1910, à l'occasion du Congrès eucharistique,
un mouvement se dessine dans la population, orchestré par
une campagne de presse demandant la dénomination de ce
parc en hommage à la fondatrice du premier Hôtel-Dieu
de Montréal dont l'hôpital est situé à
proximité. Devenu rapidement populaire, ce nom officieux
reste attaché au parc jusqu'en 1990, au moment de son officialisation.
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| Source : LA VILLE DE MONTRÉAL.
Les rues de Montréal-Répertoire historique.
Montréal, Méridien, 1995, 547 p |
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| Recherches
documentaires sur Jeanne Mance cofondatrice de Montréal |
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Le dehors et le dedans
Jeanne Mance fut dès le début
considérée comme étant d'importance égale
avec Maisonneuve :
Il s'agit notamment d'un passage de l'Histoire du Montréal
(oui, c'est bien 'du' et non 'de') de Dollier de Casson, supérieur
des Sulpiciens, premier historien de Montréal, qui a obtenu
beaucoup de ses renseignements directement de Jeanne Mance elle-même.
Le texte fut rédigé vers 1672 ou 1673.
Le passage décrit la rencontre à Paris en 1641 de
Jeanne Mance et Jérôme Le Royer de La Dauversière,
celui qui fut le vrai instigateur de la fondation de Montréal.
En s'adressant à Jeanne Mance, Jérôme Le Royer
"
lui avoua le besoin qu'ils avaient d'une personne
désintéressée comme elle, qu'ils avaient
bien une personne d'engagée pour le dehors et la guerre
[c'est-à-dire, Maisonneuve], mais qu'il leur était
nécessaire d'avoir une personne comme elle qui eût
le soins du dedans... ".
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| Voir
François Dollier de Casson, Histoire du Montréal,
Nouvelle édition critique par Marcel Trudel et Marie Baboyant,
Éditions Hurtubise, 1992, p. 60. |
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L'on trouve également
(p. 49-50) dans le même livre une allusion à "
cet illustre commandant [Maisonneuve] et
cette personne
choisie pour les malades et les blessés [Jeanne Mance]
" comme étant "
ces deux personnes que
le Ciel a élues
". Voici le passage en question
:
"
il fallait que la Providence divine disposât
quelque illustre commandant pour ce lieu, lequel fût homme
de cur, vigoureux, d'expérience et sans autres intérêts
que ceux de l'éternité.
" Outre cela, il fallait que la même Providence choisît
une personne pareillement dégagée pour y venir avoir
le soin des pauvres malades et blessés, en attendant que,
le monde se multipliant, elle procurât à cette île
l'assistance d'un hôpital pour seconder ou tenir la place
de cette personne. Sur quoi, il est à remarquer qu'il était
de besoin que ce fût quelque fille ou femme, à cause
que les personnes de ce sexe sont propres à plusieurs choses
qui ne se font pas communément si bien par ceux d'un sexe
différent, dans un lieu où il n'y en a point. Mais,
à vous dire le vrai, il fallait que ce fût une personne
toute de grâce pour venir alors dans ce pays si éloigné,
si sauvage et incommode ; et il était nécessaire
qu'elle fût extrêmement protégée de
la main du Tout-Puissant, afin d'y conserver toujours le trésor
de sa pureté sans aucun larcin ou véritable ou faussement
présumé, vivant parmi les gens de guerre.
" La Providence a miraculeusement opéré toutes
ces choses, comme nous verrons dans la suite de cette histoire,
qui nous fera également admirer la sagesse de Dieu et son
pouvoir. Mais avant que de parler de cet illustre commandant et
de cette personne choisie pour les malades et blessés,
revenons à l'érection de notre sainte compagnie;
aussi bien n'oserions-nous rien dire présentement de ces
deux personnes que le Ciel a élues, parce que la main de
Dieu qui travaille fortement chez elles, veut faire comme en cachette
ces deux ouvrages si nécessaires, sans que nos associés
en aient aucune connaissance jusques à l'an prochain, afin
qu'ils les reçoivent alors comme une gratification purement
céleste. "
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| Voir
François Dollier de Casson, Histoire du Montréal,
Nouvelle édition critique par Marcel Trudel et Marie Baboyant,
Éditions Hurtubise, 1992, p. 49-50. |
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Le jour qui a fait basculer l'histoire
"...A la fin de lété de 1651, M. de Maisonneuve,
découragé, angoissé même en voyant
sans cesse tomber des colons quil aimait et avait mission
de protéger, se décida à faire cesser ce
carnage coûte que coûte. Il était clair que
tous y passeraient à plus ou moins brève échéance.
Il se rendrait en France, essaierait dobtenir des ressources
pour ramener un bon nombre de soldats à Ville-Marie. Ou
bien, sil échouait dans sa tentative auprès
des Associés de Montréal, il abandonnerait luvre
et ordonnerait aux colons de rentrer en France.
Cest alors que Jeanne intervint.
Sa confiance en la Providence lui avait soudain inspiré
le moyen de venir au secours de tous. Elle se rendit chez M. de
Maisonneuve et lui dit qu « elle lui conseilloit
daller en France, que la fondatrice lui avoit donné
22 000 livres pour lhôpital, lesquels étoient
dans un certain lieu quelle lui indiqua, quelle les
lui donneroit pour avoir du secours ». M. de Maisonneuve
accepta la proposition ..."
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| Extrait
du dictionnaire biographique du Canada en ligne |
Au
pied du monument de Maisonneuve, quatre statues, dont celle de
Jeanne Mance, que l'on voit ici prenant soin d'un jeune autochtone,
évoquent des personnes ayant joué un rôle
essentiel dans la fondation de Montréal. Aujourd'hui,
Jeanne Mance serait vraisemblablement placée au sommet
du monument, à côté de Maisonneuve.
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| Extrait
d'une page de source inconnue du site du musée McCord |
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